poupees_ronde

La particularité de la poupée russe c'est ce qu'on y trouve à l'intérieur. Et bien la particularité de la poupée orientale c'est qu'on la trouve toujours à l'intérieur, et que pour la sortir on la cache dans une coquille noire.

L'autre soir j'ai eu le merveilleux privilège de participer à un bal donné en l'honneur d'une mini poupée du nom de Lulu à peine sortie de l'œuf elle ne tardera pas à revêtir les multitudes de coquilles qui feront d'elle une princesse digne du rang auquel on la destine.

En attendant c'est la fête, ça scintille ça brille on s'éclate au sérail.

on distribue des pièces d'or aux invitées parait-il   que c'est de la pare de Lulu , je comprends enfin qu' à peine 40 jours les bébés royaux débordent de générosité mais que se passe t-il donc quand ils grandissent car à l'adolescence leur générosité est à sens unique totalement égocentrique , adulte elle est verbale, mais on s'en fout ça ne met pas du beurre dans les épinards , et enfin , plus les rides se creusent plus les doigts se crochent jusqu'à en devenir comme fossilisés dans l'état, l’œil vitreux d'un trop plein de cholestérol, ne les empêchent pas de voir le demi poulet de trop que l'on distribuât aux chauffeurs .

J'en conclus donc, que je ne devrais dessiner des palais que pour des nouveaux nés, des espèces de maisons roses pour les filles, bleues pour les garçons restons traditionnel, avec des  berceaux Louis XV  tout plein de paillettes et puis  tellement de volants et de rubans ,de perlouses et de dorures que le cher bambin développera en grandissant une ikea-mania persistante et incurable .

je n'ai rien contre Ikea , enfin si , parce que je ne me découpe  pas les neurones en quatre pour dessiner un truc qui tient la route avec tous  les bâtons, pardon , les troncs d'arbres , qu'ils me balancent dans les roues tout au long d'un projet qui va occuper un septennat de mon existence , pour finir avec des chambres merdiques   en solde collection 2003 ,  et tout ça dans des boiseries d'un raffinement inouï sur des parquets en chênes pleins marquetés , dans la simple optique de faire deux balles d'économie parce que dépenser des milliards pour une chaumière c'est indécent . Ce qui est indécent c'est de jeter l'autre moitié du poulet aux ordures. Voilà le sujet est clos

Bien accrochée a mon or en poche, merci Lulu, je m'assois au milieu du harem. la musique des tam-tams m'explose littéralement les tympans je décide de m'éclipser aux toilettes pour me coller des boulettes de papier cul dans les oreilles ,bien cachées par mes cheveux on   n' y verra que du feu , durant toute la soirée je répondais par des sourires idiots a toute altesse qui m'adressait la parole, bien trop gênée de me décapsuler les orifices en pleine coure . De toute manière leurs conversations ne sont jamais très captivantes.

Les effluves de parfums orientaux vous brûlent les parois nasales avant d'attaquer votre cervelle. Réflexion faite)je renonçais à farcir mes naseaux de papier toilette , pour la simple raison que ce n'est pas pratique pour boire du jus  de fraise .

et puis il aurait fallu que j'eusse le nez crochu pour que l'on ne l'eût point vu… poil au … tutu .

Enfermée dans mon univers silencieux j'observais l'étrange ballet des jeunes filles , relativement statique ,les danses traditionnelles révèlent une fainéantise chronique qui ne date pas d'hier , adaptées parfaitement à l'extrême surcharge pondérale de la majorité d'entre elles. Imaginez un troupeau d'hippopotames qui se balancent nonchalants au rythme des tambours, vêtus de soies brodées d'or  de pierres précieuses portant des diadèmes de diamants et des escarpins à talons aiguilles. Il faut beaucoup boire du schnaps frelaté, me direz vous ? Oui vous répondrai-je, ne serrait- ce que pour oublier qu'on a que du jus de fraise pour se désinhiber un chouïa .

Une telle fête c'est l'occasion de sortir les jeunes pouliches et de les présenter aux mères soucieuses de trouver une cousine convenable et pas trop hideuse pour donner en mariage à son filfils chéri. d’où les efforts extraordinaires de mise en beauté des vierges de la tribu , elles ont ,avec les siècles ,développé un art extravagant de la 'darrha' robe orientale  seul vêtement capable de rendre séduisant un frigidaire ,une photocopieuse , une moissonneuse batteuse , ou une princesse . Peu importe le cube la darrha ne le rendra que plus ovale. Toutes les disgrâces sont ainsi dissimulées sous des tonnes de raffinement et d'ingéniosité vestimentaires.

la soirée terminée le dîner est vite avalé  , manger est un acte bestial dans lequel la convivialité ,les conversations, la joie de vivre n'a pas de place , c'est un face à face avec son assiette ,sa jambe de mouton , sa louche de riz . On est dans sa bulle les autres n'existent plus. Le moteur des limousines tourne déjà, la scène aura duré quelques minutes seulement , et leurs altesses disparaîtront sans même un bonsoir dans leurs carrosses luxueux ,les babines et les bagues encore huileuses d’un (fast'e') festins